Avortement en Colombie – une affaire historique divisant le pays

Publié dans 5/03/2020 par Claire Deschamps

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Le tribunal colombien clôt une affaire historique sur l’ avortement en Colombie. Il en même temps relance le débat sur la légalisation, affirment des militantes des droits des femmes.

Avortement en Colombie – une affaire historique

La Cour constitutionnelle colombienne a clôturé lundi une affaire d’avortement historique. Celle-ci divisait le pays et offrait à ce que les experts appelaient l’occasion de “créer un précédent pour la région”.

Pendant 14 ans, la loi colombienne a autorisé l’avortement dans trois circonstances  si :

  • la vie de la mère était en danger
  • la grossesse était le résultat d’un viol
  • le fœtus était mortellement déformé.

Une affaire, portée par une militante anti-avortement intransigeante, visait à éliminer ces exceptions, mais a plutôt offert au tribunal la possibilité d’autoriser des avortements pendant les premiers mois de la grossesse.

Lundi après-midi, les magistrats ont annoncé dans une décision 6-3 qu’elle maintiendrait le statu quo, une décision saluée comme une déception et une victoire pour les militantes des droits des femmes.

L’affaire a divisé le pays sud-américain

“Le tribunal manque l’occasion d’élargir l’accès à l’avortement”, a déclaré Paula Avila-Guillén. Avila-Guillén est directrice des initiatives latino-américaines pour le Centre pour l’égalité des femmes. “Cependant, c’est une vérification que nous ne faisons pas marche arrière.”

L’affaire a divisé le pays sud-américain. Un sondage réalisé en février par le magazine colombien Semana a suggéré que près de 70% du pays s’opposaient à la légalisation de l’avortement au cours des quatre premiers mois d’une grossesse. Mais les protestations pour les droits à l’avortement et les droits anti-avortement ont augmenté avant la décision de lundi.

Alors que le tribunal délibérait, des manifestants des deux côtés se sont affrontés dans la rue devant le palais de justice. Un mur idéologique invisible semblait courir le long de la rue principale de la ville. Elle divisait les deux groupes qui se criaient dessus.

Les manifestants portant des foulards verts pro-avortement ont crié: “Oui, oui, oui pour l’avortement”. Des groupes avec des foulards bleus anti-avortement criaient: “Oui, oui, oui, à la vie”.